Un va et vient 2 interrupteur 2 lampes est l’un des montages les plus demandés en rénovation, notamment pour les couloirs desservis par deux portes ou les grandes pièces avec deux points d’entrée. Le principe : chaque lampe peut être allumée ou éteinte depuis l’un ou l’autre des deux interrupteurs, indépendamment. Avant de toucher aux fils, comprendre ce qui circule dans la gaine évite la majorité des erreurs.
Ce que contient réellement le câble d’un va et vient
Dans un circuit va et vient classique, trois conducteurs relient les deux interrupteurs entre eux : la phase commune et deux navettes. Les navettes sont les fils qui « commutent » selon la position de chaque interrupteur. Elles n’ont pas de tension fixe : elles portent la phase vers le retour lampe selon la combinaison active.
Chaque interrupteur va et vient comporte trois bornes, souvent notées L (ou A), 1 et 2. La borne L reçoit la phase (premier interrupteur) ou repart vers le retour lampe (deuxième interrupteur). Les bornes 1 et 2 accueillent les deux navettes côté 1, les mêmes navettes côté 2.
Avec deux lampes, on travaille sur deux circuits séparés qui suivent chacun ce schéma. Deux paires de navettes, deux retours lampe, deux phases communes. Le neutre, lui, arrive directement au luminaire sans passer par les interrupteurs.
Schéma de câblage : 2 interrupteurs pour 2 lampes
Pour un double va et vient commandant deux luminaires distincts, on utilise un interrupteur double va et vient, soit un boîtier à six bornes (deux fois trois). L’alternative consiste à installer deux boîtiers simple va et vient côte à côte, ce qui simplifie le repérage des fils.
La section de câble recommandée pour les circuits d’éclairage est le 1,5 mm². Un câble 3G1,5 (trois conducteurs plus terre) suffit pour un seul circuit va et vient. Pour deux circuits dans la même gaine, on utilisera un câble 5G1,5 ou deux câbles distincts selon la configuration du cheminement.
- Premier interrupteur, circuit 1 : borne L reçoit la phase (fil rouge ou marron), bornes 1 et 2 reçoivent les navettes (fils de même couleur ou repérés par ruban).
- Deuxième interrupteur, circuit 1 : bornes 1 et 2 reçoivent les navettes correspondantes, borne L repart en retour lampe vers la première lampe.
- Premier interrupteur, circuit 2 : même logique, borne L reçoit la phase du deuxième circuit.
- Deuxième interrupteur, circuit 2 : borne L repart en retour lampe vers la deuxième lampe.
Le neutre de chaque lampe se raccorde directement au neutre du tableau ou du point de dérivation, sans transiter par les interrupteurs. La terre est raccordée aux bornes dédiées des appareillages si le boîtier est métallique.

Sécurité électrique : les vérifications avant et après câblage
La règle non négociable : couper le disjoncteur correspondant au circuit concerné et vérifier l’absence de tension avec un testeur de phase ou un multimètre avant tout raccordement. Pas question de s’appuyer sur l’aspect des fils ou la position du disjoncteur apparent.
Avant de refermer les boîtiers, on vérifie chaque connexion avec un léger tirage sur chaque fil : un conducteur mal serré dans une borne à vis peut provoquer un arc électrique sous charge. Les dominos (borniers de jonction) ne sont plus conformes aux nouvelles installations : on utilise des connecteurs à ressort de type Wago ou des bornes automatiques.
Après remise sous tension, un test fonctionnel suffit rarement. On mesure aussi la tension entre retour lampe et neutre dans les différentes combinaisons de position des interrupteurs. Si la lampe s’allume dans certaines configurations mais pas d’autres, l’une des navettes est inversée ou mal raccordée.
Remplacement ponctuel ou contrôle de l’installation : comment décider
Remplacer un interrupteur va et vient défaillant sur un circuit existant en bon état ne justifie pas, dans la plupart des cas, un passage de contrôle. Mais ce contexte mérite d’être évalué avant de conclure trop vite.
Plusieurs signaux indiquent que l’installation mérite un regard professionnel avant remise sous tension :
- Les fils présents dans les boîtiers ne correspondent à aucune couleur normalisée (installations antérieures aux années 1990 avec conducteurs tous de même couleur ou codes couleur non conformes à la norme NF C 15-100).
- La gaine ou les conducteurs montrent des traces de brûlure, de fonte ou d’oxydation marquée aux extrémités dénudées.
- Le circuit est protégé par un fusible plutôt qu’un disjoncteur différentiel, ce qui indique une installation ancienne sans protection contre les courants de défaut.
- L’intervention s’inscrit dans une rénovation plus large (modification du tableau, ajout de points lumineux, redistribution des circuits), ce qui peut déclencher l’obligation d’une attestation de conformité avant remise en service.
Ce dernier point mérite attention : depuis le 1er janvier 2025, l’article D342-19 du Code de l’énergie prévoit la transmission d’une attestation de conformité au gestionnaire de réseau pour une première mise en service. Cette obligation vise les nouvelles installations, pas les remplacements à l’identique sur un circuit existant. La distinction entre remplacement ponctuel et rénovation partielle du circuit est exactement la frontière à identifier avant de décider d’intervenir seul ou de faire examiner l’installation.
En cas de doute sur l’état du circuit, un électricien peut réaliser une vérification rapide sans nécessairement refaire l’installation complète. C’est moins coûteux qu’une remise aux normes non anticipée après incident.
Erreurs courantes sur un câblage va et vient double
L’inversion des navettes entre les deux circuits est l’erreur la plus fréquente : les deux lampes s’allument ou s’éteignent en même temps, ce qui ressemble à un double allumage classique. On l’identifie en testant chaque combinaison de position des deux interrupteurs.
Raccorder le neutre sur une borne d’interrupteur est une autre erreur terrain, généralement commise quand on confond retour lampe et neutre. Le résultat : la lampe reste allumée en permanence ou refuse de s’éteindre depuis l’un des deux points de commande.
Enfin, oublier de raccorder la terre sur un boîtier métallique est un oubli qui passe inaperçu au test fonctionnel mais crée un risque réel en cas de défaut d’isolement. La terre sur les appareillages métalliques est obligatoire selon la norme NF C 15-100, même si l’interrupteur semble fonctionner sans elle.
Un câblage va et vient 2 interrupteur 2 lampes bien exécuté tient sur quelques connexions maîtrisées : phase sur L du premier interrupteur, navettes croisées entre les deux boîtiers, retour lampe sur L du second, neutre direct au luminaire. La difficulté n’est pas dans la complexité du schéma mais dans la rigueur du repérage des fils, surtout quand l’installation existante n’est pas documentée.

